Entomologie

Hommage à Michel Emerit

Michel Emerit nous a quittés le 2 juin 2017.

Pendant près de 40 années, Michel Emerit a été un acteur majeur de la SHHNH, permettant à sa section d’entomologie de rester vivante. Ce qui le caractérisait, c’est « la foi de Michel dans les sciences naturelles intégrées, même s’il avait une prédilection pour sa discipline, la zoologie, et en particulier l’arachnologie, où il excellait » écrivait Daniel Mousain, notre ancien président.

Quelques jalons de son parcours professionnel :

À la fin des années 1950 Michel Emerit était  à Alger où son père était professeur. Il obtient l’agrégation de sciences naturelles et enseigne à Alger et au Sénégal.

En 1965 ou 1966  il arrive à la nouvelle faculté de sciences, en provenance de Madagascar. Il participera avec le professeur Roland Legendre et surtout Charles Sauvage à la mise sur pied des premiers enseignements d’écologie scientifique en créant le certificat d’écologie et le troisième cycle d’Écologie en 1968.
Pendant 35 ans Michel Emerit enseignera l’écologie à l’université de Montpellier.

En 1968 il publie dans le Bulletin de la Société zoologique de France « Contribution à l’étude de la biologie et du développement de l’araignée tropicale Gasteracantha versicolor (Walck). (Argiopidae) » Cette note est une note préliminaire à un travail plus important qui constituera sa thèse de Doctorat.

En 1969 il soutient une thèse d’État de sciences naturelles à la Faculté de sciences de Montpellier sous le titre de « Contribution à l’étude des Gasteracanthes (Aranéides, Argiopides) de Madagascar et des îles voisines. »

En 1972 il publie chez Tervuren : Musée Royal de l’Afrique centrale « Le développement des Gasteracanthes (Araneida, Argiopidae) : une contribution à l’étude de la morphologie de l’appendice aranéidien.

En 1974 il publie à l’ORSTOM-CNRS « Faune de Madagascar : Arachnides araignées Araneidae Gasteracanthinae ».

Dès 1996 il fait partie du Conseil scientifique régional du Patrimoine naturel du Languedoc_Roussillon.

Outre ses activités à la SHHNH il était actif dans le milieu de l’arachnologie au sein notamment du CIDA (centre consacré aux arachnides et basé au muséum de Paris)

Il faisait aussi partie de la Société internationale des acarologues de langue française dans les année 1970-1980.

Aux côtés de P. Schaeffer, entomologiste éminent de la SHHNH, puis de G. Lhubac et de Bruno Michel, il prit en main la section entomologie et redonna vie au « Lien » dès 1987 : il s’agit bien d’une renaissance puisque le « Lien », conçu par Henri Clavier en 1983 comme une liaison entre tous les entomologistes de la SHHNH, avait cessé de paraître en décembre 1983, pour renaître en mars 1987 sous son impulsion. Voici l’édito qu’il publia dans ce numéro 60. Vous trouverez désormais dans le site de la SHHNH l’intégralité des numéros du lien disponibles.

Nous devons à Michel Emerit de nombreuses autres publications seul ou avec G. Lhubac ou Jean-Claude Ledoux.

Vous pouvez ainsi consulter son rapport sur les araignées du massif des Aiguilles Rouges, datant de 1995, et son article sur les scorpions de France, Il publia aussi une  « Contribution à l’étude des Aranéides de Madagascar et des Comores : la sous-famille des Cyrtarachninae (Araneae, Araneidae) (fasc. 11) » dans la Revue Arachnologique

Il a aussi participé à la réédition du Guide des araignées et des opilions d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2005, 383 p. (ISBN 2603014498 ) — Le livre d’origine britannique de Dick Jones, a été complété et enrichi d’espèces méditerranéennes par Michel Emerit et Jean-Claude Ledoux.

Nous lui devons aussi de nombreuses présentations sur les abeilles, les guêpes sociales que nous avons transformées en PDF. Michel Emerit nous a laissé encore bien des trésors que nous mettrons peu à peu à disposition de tous, et notamment une présentation des présidents de la SHHNH.

Michel Emerit a participé à notre revue « les Annales » aussi bien en tant qu’auteur qu’en tant que relecteur, sur le fond, pour tout ce qui concernait l’entomologie. Voir ainsi son article sur les scorpions : première partie, et suite et fin de son article, ainsi que ses articles sur les Taupins, et Taupins lumineux, déjà dans notre site.

Ajoutons enfin que nous lui devons l’existence des boîtes pédagogiques de présentation des insectes de notre région, à partir de la collection d’insectes héritée de M. Clavier : ses boites sont toujours utilisées lors de nombreuses manifestations publiques.

En mai 2015, le Conseil d’administration e la SHHNH lui avait décerné le titre de « Membre d’honneur de la SHHNH ».

Michel, tous les adhérents de la SHHNH te saluent bien bas !

Gérard Martin

Un grand merci à Michel Bertrand, Daniel Mousain et Josiane Ubaud pour leurs précieuses informations.

Michel Emerit devant le local de la SHHNH – Photo Josiane Ubaud

 

 

Publié le: 19/06/2017 | Commentaires: 0

Cours d’entomologie pour débutants

Présentation générale

Les insectes sont les champions de la biodiversité. Avec plus d’un million d’espèces connues dans le monde, plus de 40 000 en France, et sans doute plus de 10 millions d’espèces encore à découvrir, ils dépassent tous les autres groupes. Ils sont présents dans tous les milieux, on les rencontre partout, parfois même à l’intérieur de notre corps.

Avec un peu de méthode et des connaissances de base, chacun peut s’y retrouver dans la multitude d’insectes et classer la majorité de ceux rencontrés dans le bon groupe taxonomique. Ce cours pour débutants vise à faciliter la reconnaissance des insectes en dégageant les caractéristiques des principaux groupes, afin que chacun soit en mesure d’identifier, selon les groupes, les ordres, sous ordres ou familles. Mais il est évidemment impossible dans le temps imparti d’identifier les 40693 espèces d’insectes de France!

 

Dans le local de la SHHNH à Montpellier, dans une salle remise à neuf et nouvellement équipée (loupes, vidéoprojecteurs, ordinateurs, équipement entomologique), avec une bibliothèque aussi complète que possible, nous vous invitons à participer à ce cours avant de passer, au printemps, aux travaux pratiques sur le terrain au Domaine de Méric. La formation alternera donc entre ateliers en salle et découvertes sur le terrain.

(suite…)

Publié le: 06/01/2017 | Commentaires: 0

Animation naturaliste au Parc Clemenceau

Le 2 novembre 2016 après-midi, L’association Pave a reçu la SHHNH au Parc Clemenceau pour une animation naturaliste portant sur les plantes, les champignons et les insectes.

Visite guidée des arbres et autres végétaux. Voici le relevé des plantes observées

(suite…)

Publié le: 16/11/2016 | Commentaires: 0

Proposition de stage d’été

Notre collègue Philippe Ponel nous fait part d’une proposition de stage d’été, non obligatoire, au laboratoire d’Eco-Entomologie d’Orléans, en 2016. Pour en savoir davantage

Publié le: 17/02/2016

Le monde sautillant des taupins

Les Élatérides tout comme les buprestes, sont une grande famille très homogène, qui comprend 7000 espèces mondiales, dont 300 espèces vivent en Europe occidentale et environ 170 en France. Le corps de l’adulte a une allure compacte caractéristique (Fig.1)

Agriotes lineatus L. (d'après Balachowski et Mesnil) p: prosternum et son apophyse (en pointillés), m : mésosternum et sa fossette (en blanc) M : métasternum (en noir)

Agriotes lineatus L. (d’après Balachowski et Mesnil)
p: prosternum et son apophyse (en pointillés),
m : mésosternum et sa fossette (en blanc)
M : métasternum (en noir)

Il est ovale, aplati et sans étranglements latéraux entre tête, thorax et abdomen; ventralement, les sternites thoraciques empiètent largement sur l’abdomen. le prosternum est articulé de façon souple par rapport au mésosternum et forme une pointe qui s’insère dans une fossette de ce dernier. Ces deux parties sont reliées entre elles par des muscles très puissants. A l’arrière du mésosternum, le métasternum forme deux grandes plaques qui portent les pattes postérieures, lesquelles semblent ainsi sortir du milieu de l’abdomen. Les pattes du taupin sont courtes et ne lui permettent pas de se remettre à l’endroit quand il est sur le dos: aussi, il s’en sort autrement: Il s’arqueboute sur lui-même en se cambrant fortement en arrière, puis se cambre subitement dans l’autre sens (fig. 4) ; c’est l’impact de son apophyse prosternale, frappant la cavité mésosternale à la manière d’un percuteur, qui produit un bruit sec et projette par contrecoup l’animal en l’air, lui permettant de revenir sur ses pieds. Cette détente procure une sensation curieuse quand on presse un taupin entre le pouce et l’index. Ce claquement sec que les Elatérides émettent en se détendant a été comparé au bruit des mineurs, nommés « taupins », qui sapaient les remparts des villes assiégées. Pour cette raison, on leur a donné ce nom, ainsi que ceux de « forgerons », « maréchaux », « sauterillots », « toques-maillot » ou « tape-tape »… Rien à voir avec les taupins des grandes écoles, qui se détendent tout autrement !
Les adultes sont phytophages et vivent sur les arbres, les fleurs, les plantes herbacées et aussi sous les pierres. Les larves sont allongées, avec une peau cornée brillante jaunâtre trés chitinisée. En raison de leur aspect caractéristique, elles ont été nommées « vers fil de fer » (Fig.2). La plupart sont cylindriques; certaines toutefois, comme celles des Lacon ou des Corymbites sont aplaties. Celles des Cardiophorus sont trés allongées et restent molles. Les larves de taupins sont surtout phytophages.

- Larves d'Élatérides. En haut : Elater ; en bas : Cardiophorus (la tête des larves est à droite).

– Larves d’Élatérides. En haut : Elater ;
en bas : Cardiophorus (la tête des larves est à droite).

(suite…)

Publié le: 05/02/2016

Des taupins lumineux

Pyrophorus sp. Photo Adrian Tween - Flckr

Pyrophorus sp. Photo Adrian Tween – Flckr

Les Pyrophorus sont des Élatérides d’Amérique du Sud, que l’on trouve aussi au Mexique. Leur originalité est d’être lumineux à la manière des vers luisants, mais de façon bien plus efficace. Ils brillent la nuit d’une assez vive lumière verte émise par deux organes situés de part et d’autre du thorax, tandis qu’un organe ventral impair situé à la base de l’abdomen émet une lumière orangée, qui n’est visible que quand l’insecte est en vol. Cet éclairage est relativement puissant puisqu’il suffit de 37 à 38 pyrophores pour égaler la flamme d’une bougie, mais il s’agit d’une lumière à spectre étroit, bien qu’un peu plus étalé que celui du ver luisant (de 486 à 720µ pour Pyrophorus, de 518 à 656µ pour Lampyris). Il s’agit d’une lumière froide: la chaleur émise par les 38 Pyrophorus est 80.000 fois plus faible que celle de la bougie. Le rendement lumineux est donc excellent, dépassant 90%. Il s’agit d’un phénomène photochimique, conséquence d’une oxydation. L’émission est avivée par le rythme respiratoire de l’insecte, et un organe lumineux privé d’oxygène cesse d’émettre. De plus, cette émission est modulée par des commandes du système nerveux, à raison de 5 à 6 changements rapides d’intensité par seconde chez Pyrophorus. Des extinctions périodiques ont également lieu pour permettre à la substance active de se régénérer. R.Dubois a bien étudié le phénomène en 1886. Il prélève un des deux organes lumineux thoraciques d’un pyrophore et le broie: Au bout d’un certain temps, sa lumière s’éteint. Le second organe est mis alors en eau bouillante et s’éteint subitement. Si on broie alors ensemble les deux organes, la masse redevient lumineuse. Dubois explique ainsi le phénomène par la présence dans les organes prélevés d’une substance (qu’il nomme luciférine) qui émet de la lumière jusqu’à oxydation complète quand la réaction est activée par une diastase (la luciférase). Cela prend un certain temps pour le premier organe. Par contre, l’extinction subite du deuxième organe plongé dans l’eau bouillante, s’explique par le fait que la diastase est détruite par la chaleur. Contrairement à la luciférase la luciférine résiste à ce traitement, et mise en contact avec la luciférase intacte du premier échantillon, se remet à émettre. C’est la luciférase qui capte un quantum d’énergie résultant de l’oxydation de la luciférine et le convertit en photons: Fiat lux !

On a montré ensuite que ce qui est valable pour les pyrophores l’est aussi pour tous les autres insectes lumineux. Le phénomène a une portée générale, mais c’est chez le pyrophore du Mexique qu’on l’a étudié en premier. C’est par des signaux lumineux rythmés que l’insecte fournit une identification de son espèce et se signale aux partenaires du sexe opposé. Les feux de l’amour !

(suite…)

Publié le: 05/02/2016

Code de déontologie

Entomologie

Entomologie

I. GÉNÉRALITÉS

Article 1.0 – Respect des Insectes et autres Arthropodes  :

Dans le cadre de ses activités entomologiques, en France ou à l’étranger, tout membre de l’Association se doit d’adhérer aux principes généraux « Sauver la planète » « Stratégie pour l’avenir de la vie » définis conjointement par l’UICN, le PNUE et le WWF (1), notamment ceux concernant la survie des espèces et la protection des habitats. En particulier, il s’engage à respecter les différentes formes de vie, à préserver la diversité biologique en s’interdisant tout prélèvement abusif (non motivé par une nécessité scientifique) sur les sites de collecte et toute altération significative de ces sites.

Il doit en outre se conformer aux lois et décrets en vigueur, qu’ils soient locaux, nationaux, européens ou mondiaux (convention de Washington).

Article 1.1 – Respect de la propriété privée

Tout membre de l’Association est tenu, dans le cadre de ses prospections ou observations entomologiques, de respecter les propriétés privées.

(suite…)

Publié le: 24/01/2016

Le moustique tigre

L’IRD nous propose un film d’animation consacré au « moustique tigre : Aedes albopictus ». Originaire d’Asie, il est en train d’envahir tous les continents, provoquant une nuisance considérable, et pouvant transmettre des virus responsables de maladies aussi graves que la dengue, le chikungunya ou le zica. En France, le moustique tigre est maintenant présent dans près de 20 départements de métropole, ainsi qu’à l’ile de la Réunion et Mayotte. »

Film d’animation de cinq minutes
Réalisation Luc Markiw (IRD)
Scénario Didier Fontenille (IRD), Julia Malançon, Luc Markiw (IRD)
Conseiller scientifique Didier Fontenille (IRD)
IRD – septembre 2014

Publié le: 19/01/2016