Entomologie

Cours d’entomologie 2018 SHHNH – OPIE

Présentation générale

Les insectes sont les champions de la biodiversité. Avec plus d’un million d’espèces connues dans le monde, plus de 43 000 en France, et sans doute plus de 10 millions d’espèces encore à découvrir, ils dépassent tous les autres groupes. Ils sont présents dans tous les milieux, on les rencontre partout, parfois même à l’intérieur de notre corps.

Avec un peu de méthode et des connaissances de base, chacun peut s’y retrouver dans la multitude d’insectes et classer la majorité de ceux rencontrés dans le bon groupe taxonomique. Ce cours vise à faciliter la reconnaissance des insectes en dégageant les caractéristiques des principaux groupes, afin que chacun soit en mesure d’identifier, selon les groupes, les ordres, sous ordres ou familles. Mais il est évidemment impossible dans le temps imparti d’identifier toutes les espèces d’insectes de France !

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Publié le: 03/02/2018 | Commentaires: 0

Bref compte-rendu de la réunion mensuelle d’entomologie du 9/01/2018

La réunion a débuté par la présentation avec la caméra Dino-lite de 3 bestioles étonnantes par l’adaptation de leurs pièces buccales : deux diptères, un tabanide Pangoniinae (capturé par William Perrin en Guyane) et une tachinaire floricoles, biologie inhabituelle dans leur famille, et un puceron sur écorce de chêne (un Stomaphis, quercus ou longirostris). Les 3 espèces présentent une « trompe » extraordinairement longue pour atteindre leur nourriture.

Forêt de Fontainebleau – Jean-Baptiste-Camiile Corot. 1834
Wikimedia Commons

P. Bruno de Miré a enchaîné sur une présentation de la forêt en tant qu’habitat pour les insectes en prenant en exemple la forêt de Fontainebleau. Avec pour exemple quelques coléoptères emblématiques des vieilles futaies (Potosia aeruginosa, P. lugubris, Osmoderma eremita, Lacon querceus, …) et il nous a montré l’influence de la structure de la futaie sur les conditions édaphiques et donc sur les sites de développement favorables à ces insectes. L’interaction entre milieu ouvert et vieux arbres dépérissant pour conserver la diversité de ces espèces forestières remarquables a été soulignée. Une étude comparative de 4 ans sur 6 sites choisis pour leurs différences de pratique forestière a été menée dans la perspective d’un suivi de l’état de la forêt du point de vue de la diversité. Les résultats montrent qu’il est possible de dégager des espèces indicatrices d’une vieille futaie riche par opposition à des espèces banales. Après les vicissitudes de l’Histoire, la partie en réserve biologique n’est plus celle créée sous Napoléon 3. Mais des pratiques visant à conserver sa biodiversité remarquable y sont appliquées : îlots de vieillissement aménagés, parcours de pâture pour ménager des espaces dégagés. La présentation s’est achevée sur la photo d’un magnifique genévrier cade de notre région qui a fini par être labellisé en « arbre remarquable » et donc enfin protégé (avec la cohorte d’insectes qu’il abrite évidemment…) :


Rédigé par Gérard Labonne

Publié le: 10/01/2018 | Commentaires: 0

Réunion mensuelle d’entomologie du 5 décembre 2017

  •  Sorties de la SEF :

Pour la préparation des sorties de terrain de la SEF les 7 et 8 juillet 2018, il a été décidé qu’un animateur principal serait désigné pour chacun des sites. Avant le déroulement des visites, monsieur Philippe Bruno de Miré se propose d’accompagner chaque animateur pour désigner les parties les plus intéressantes selon son expérience, et les insectes les plus remarquables susceptibles d’être trouvés sur le site choisi.

Il faudra aussi réfléchir à la possibilité de placer des pièges attractifs pour espérer voir les insectes remarquables.

Une réunion d’organisation sera programmée en 2018 pour définir le calendrier et les rôles de chacun.

Prochaines réunions et interventions lors des réunions mensuelles d’entomologie :

Dates Intervenant Responsable présentation Thème / Titre
9/01/2018 P. Bruno de Miré G. Duvallet Rôle des Réserves biologiques dans la conservation de la faune saproxylique
6/02/2018

Camila Leandro, Doctorante CEFE/UM3

G. Duvallet Biologie de la conservation *
6/03/2018 M. Martinez G. Duvallet L’accouplement chez les Diptères
3/04/2018 J.C. Streito Le point sur la bactérie Xylella fastidiosa

 

* Cette intervention est à confirmer. Elle porterait sur l’article suivant :

Camila Leandro, Pierre Jay-Robert, Alan Vergnes, 2017. Bias and perspectives in insect conservation: A European scale analysis. Biological conservation (http://dx.doi.org/10.1016/j.biocon.2017.07.033).

Et discussion sur l’article de PlosOne à propos de la disparition des insectes.

 

  •  L’intervention principale de notre réunion a porté sur l’état actuel de l’inventaire faunistique sur le domaine des Blaquières par Gérard Leplat.

Les 1000 espèces recensées sont maintenant dépassées et compte tenu de la faiblesse actuel de l’inventaire dans plusieurs groupes, le potentiel restant apparaît encore très important.

Le nombre d’espèces de coléoptères recensées parait faible relativement au potentiel espéré : des milieux spécifiques comme les litières ou les lapiaz qui pourraient être riches mais n’ont pas encore été explorés feront l’objet d’une attention particulière pour la prochaine saison.

L’illustration de l’intervention a été réalisée par Gérard Leplat pour les Coléoptères et Gérard Labonne pour les Lépidoptères Hétérocères qui sont venus s’ajouter à l’inventaire.

  • Marie-Thérèse Goupil nous a présenté une sélection des insectes observés lors de son séjour dans les Alpes la saison dernière.

Gérard Labonne

Publié le: 07/12/2017 | Commentaires: 0

« Jamais seul »

Marc-André Selosse

« Jamais seul » est le titre du dernier ouvrage du professeur Marc André Selosse, du Muséum National d’Histoire Naturelle, de l’ Équipe Interactions et Évolution Végétale et Fongique, de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, et membre de la SHHNH.
Il y dévoile le rôle des microbes dans la vie des plantes, des animaux et des civilisations : « Je tente d’y faire le point, avec des faits et des anecdotes, sur deux axes émergents de la biologie moderne : l’omniprésence microbienne, et les mécanismes de coopération dans la monde vivant… Les plantes et les insectes y sont à l’honneur, et leur écologie aussi. ».

Voici le communiqué de presse de son ouvrage, publié chez ACTES SUD
La couverture de « Jamais seul »

Mais vous pouvez aussi écouter Marc André Selosse nous parler des interactions microbes-organismes vivants en 8 petites vidéos successives sur Youtube.
(N’oubliez pas d’activer vos haut-parleurs)

À noter : dans le cadre du cycle 1 de l’Agora des savoirs au Centre Rabelais, Marc-André Selosse donnera, le mercredi 29 novembre à 20 h, une conférence intitulée « Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations ».

 

Publié le: 29/09/2017 | Commentaires: 0

Hommage à Michel Emerit

Michel Emerit nous a quittés le 2 juin 2017.

Pendant près de 40 années, Michel Emerit a été un acteur majeur de la SHHNH, permettant à sa section d’entomologie de rester vivante. Ce qui le caractérisait, c’est « la foi de Michel dans les sciences naturelles intégrées, même s’il avait une prédilection pour sa discipline, la zoologie, et en particulier l’arachnologie, où il excellait » écrivait Daniel Mousain, notre ancien président.

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Publié le: 19/06/2017 | Commentaires: 0

Cours d’entomologie pour débutants

Présentation générale

Les insectes sont les champions de la biodiversité. Avec plus d’un million d’espèces connues dans le monde, plus de 40 000 en France, et sans doute plus de 10 millions d’espèces encore à découvrir, ils dépassent tous les autres groupes. Ils sont présents dans tous les milieux, on les rencontre partout, parfois même à l’intérieur de notre corps.

Avec un peu de méthode et des connaissances de base, chacun peut s’y retrouver dans la multitude d’insectes et classer la majorité de ceux rencontrés dans le bon groupe taxonomique. Ce cours pour débutants vise à faciliter la reconnaissance des insectes en dégageant les caractéristiques des principaux groupes, afin que chacun soit en mesure d’identifier, selon les groupes, les ordres, sous ordres ou familles. Mais il est évidemment impossible dans le temps imparti d’identifier les 40693 espèces d’insectes de France!

 

Dans le local de la SHHNH à Montpellier, dans une salle remise à neuf et nouvellement équipée (loupes, vidéoprojecteurs, ordinateurs, équipement entomologique), avec une bibliothèque aussi complète que possible, nous vous invitons à participer à ce cours avant de passer, au printemps, aux travaux pratiques sur le terrain au Domaine de Méric. La formation alternera donc entre ateliers en salle et découvertes sur le terrain.

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Publié le: 06/01/2017 | Commentaires: 0

Animation naturaliste au Parc Clemenceau

Le 2 novembre 2016 après-midi, L’association Pave a reçu la SHHNH au Parc Clemenceau pour une animation naturaliste portant sur les plantes, les champignons et les insectes.

Visite guidée des arbres et autres végétaux. Voici le relevé des plantes observées

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Publié le: 16/11/2016 | Commentaires: 0

Proposition de stage d’été

Notre collègue Philippe Ponel nous fait part d’une proposition de stage d’été, non obligatoire, au laboratoire d’Eco-Entomologie d’Orléans, en 2016. Pour en savoir davantage

Publié le: 17/02/2016

Le monde sautillant des taupins

Les Élatérides tout comme les buprestes, sont une grande famille très homogène, qui comprend 7000 espèces mondiales, dont 300 espèces vivent en Europe occidentale et environ 170 en France. Le corps de l’adulte a une allure compacte caractéristique (Fig.1)

Agriotes lineatus L. (d'après Balachowski et Mesnil) p: prosternum et son apophyse (en pointillés), m : mésosternum et sa fossette (en blanc) M : métasternum (en noir)

Agriotes lineatus L. (d’après Balachowski et Mesnil)
p: prosternum et son apophyse (en pointillés),
m : mésosternum et sa fossette (en blanc)
M : métasternum (en noir)

Il est ovale, aplati et sans étranglements latéraux entre tête, thorax et abdomen; ventralement, les sternites thoraciques empiètent largement sur l’abdomen. le prosternum est articulé de façon souple par rapport au mésosternum et forme une pointe qui s’insère dans une fossette de ce dernier. Ces deux parties sont reliées entre elles par des muscles très puissants. A l’arrière du mésosternum, le métasternum forme deux grandes plaques qui portent les pattes postérieures, lesquelles semblent ainsi sortir du milieu de l’abdomen. Les pattes du taupin sont courtes et ne lui permettent pas de se remettre à l’endroit quand il est sur le dos: aussi, il s’en sort autrement: Il s’arqueboute sur lui-même en se cambrant fortement en arrière, puis se cambre subitement dans l’autre sens (fig. 4) ; c’est l’impact de son apophyse prosternale, frappant la cavité mésosternale à la manière d’un percuteur, qui produit un bruit sec et projette par contrecoup l’animal en l’air, lui permettant de revenir sur ses pieds. Cette détente procure une sensation curieuse quand on presse un taupin entre le pouce et l’index. Ce claquement sec que les Elatérides émettent en se détendant a été comparé au bruit des mineurs, nommés « taupins », qui sapaient les remparts des villes assiégées. Pour cette raison, on leur a donné ce nom, ainsi que ceux de « forgerons », « maréchaux », « sauterillots », « toques-maillot » ou « tape-tape »… Rien à voir avec les taupins des grandes écoles, qui se détendent tout autrement !
Les adultes sont phytophages et vivent sur les arbres, les fleurs, les plantes herbacées et aussi sous les pierres. Les larves sont allongées, avec une peau cornée brillante jaunâtre trés chitinisée. En raison de leur aspect caractéristique, elles ont été nommées « vers fil de fer » (Fig.2). La plupart sont cylindriques; certaines toutefois, comme celles des Lacon ou des Corymbites sont aplaties. Celles des Cardiophorus sont trés allongées et restent molles. Les larves de taupins sont surtout phytophages.

- Larves d'Élatérides. En haut : Elater ; en bas : Cardiophorus (la tête des larves est à droite).

– Larves d’Élatérides. En haut : Elater ;
en bas : Cardiophorus (la tête des larves est à droite).

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Publié le: 05/02/2016

Des taupins lumineux

Pyrophorus sp. Photo Adrian Tween - Flckr

Pyrophorus sp. Photo Adrian Tween – Flckr

Les Pyrophorus sont des Élatérides d’Amérique du Sud, que l’on trouve aussi au Mexique. Leur originalité est d’être lumineux à la manière des vers luisants, mais de façon bien plus efficace. Ils brillent la nuit d’une assez vive lumière verte émise par deux organes situés de part et d’autre du thorax, tandis qu’un organe ventral impair situé à la base de l’abdomen émet une lumière orangée, qui n’est visible que quand l’insecte est en vol. Cet éclairage est relativement puissant puisqu’il suffit de 37 à 38 pyrophores pour égaler la flamme d’une bougie, mais il s’agit d’une lumière à spectre étroit, bien qu’un peu plus étalé que celui du ver luisant (de 486 à 720µ pour Pyrophorus, de 518 à 656µ pour Lampyris). Il s’agit d’une lumière froide: la chaleur émise par les 38 Pyrophorus est 80.000 fois plus faible que celle de la bougie. Le rendement lumineux est donc excellent, dépassant 90%. Il s’agit d’un phénomène photochimique, conséquence d’une oxydation. L’émission est avivée par le rythme respiratoire de l’insecte, et un organe lumineux privé d’oxygène cesse d’émettre. De plus, cette émission est modulée par des commandes du système nerveux, à raison de 5 à 6 changements rapides d’intensité par seconde chez Pyrophorus. Des extinctions périodiques ont également lieu pour permettre à la substance active de se régénérer. R.Dubois a bien étudié le phénomène en 1886. Il prélève un des deux organes lumineux thoraciques d’un pyrophore et le broie: Au bout d’un certain temps, sa lumière s’éteint. Le second organe est mis alors en eau bouillante et s’éteint subitement. Si on broie alors ensemble les deux organes, la masse redevient lumineuse. Dubois explique ainsi le phénomène par la présence dans les organes prélevés d’une substance (qu’il nomme luciférine) qui émet de la lumière jusqu’à oxydation complète quand la réaction est activée par une diastase (la luciférase). Cela prend un certain temps pour le premier organe. Par contre, l’extinction subite du deuxième organe plongé dans l’eau bouillante, s’explique par le fait que la diastase est détruite par la chaleur. Contrairement à la luciférase la luciférine résiste à ce traitement, et mise en contact avec la luciférase intacte du premier échantillon, se remet à émettre. C’est la luciférase qui capte un quantum d’énergie résultant de l’oxydation de la luciférine et le convertit en photons: Fiat lux !

On a montré ensuite que ce qui est valable pour les pyrophores l’est aussi pour tous les autres insectes lumineux. Le phénomène a une portée générale, mais c’est chez le pyrophore du Mexique qu’on l’a étudié en premier. C’est par des signaux lumineux rythmés que l’insecte fournit une identification de son espèce et se signale aux partenaires du sexe opposé. Les feux de l’amour !

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Publié le: 05/02/2016